« Et pourtant… » : quand nos valeurs se heurtent à la réalité
Je prône le slow living, l’artisanat, la consommation raisonnée… et pourtant. Oui, je commande encore sur Amazon. Oui, je suis enfermée dans un travail qui ne me correspond plus. Oui, je suis en burn-out, fatiguée par une entreprise toxique qui n’a plus aucun sens à mes yeux. Comment en suis-je arrivée là ? Et surtout, comment en sortir pour être enfin en phase avec mes valeurs ?
« Et pourtant… » : accepter ses contradictions
On voudrait tous être en parfaite cohérence avec nos convictions. Ne plus jamais commander sur Amazon, ne plus jamais acheter de fast fashion, ne plus jamais encourager les modèles industriels que l’on critique. Mais la réalité, c’est que ce n’est pas si simple.
- Parce que la facilité l’emporte quand on est épuisé.
- Parce que certaines choses ne sont accessibles qu’à travers ces plateformes.
- Parce que sortir d’un système dans lequel on est enfermé depuis des années demande du temps et de l’énergie.
Alors oui, je consomme certainement à contresens de mes principes. Mais je refuse de faire semblant. Je suis en transition, en quête d’un changement profond.
Un environnement professionnel toxique qui épuise
Le travail occupe une place immense dans nos vies. Il devrait être un moteur, un espace d’épanouissement. Pour moi, il est devenu l’inverse : une source d’épuisement, un environnement toxique qui me vide de mon énergie.
- Ma cheffe vient de démissionner.
- Ma N+2 a été mise en retrait.
- Mon directeur a été mis de côté.
- L’entreprise est dirigée par des logiques purement financières.
- J’ai déjà eu un changement de manager l’année dernière.
Les décisions sont dictées par la rentabilité, la pression est constante, les équipes se vident, et ceux qui restent encaissent sans savoir combien de temps ils tiendront. C’est un cycle de destruction.
Comment, dans un tel environnement, rester fidèle à ses valeurs ? Comment défendre un marketing plus humain, plus authentique, quand tout est dicté par des logiques impersonnelles ?
Pourquoi je ne peux plus continuer comme ça ?
Ce burn-out, cette fatigue mentale, ce décalage entre ce que je veux et ce que je fais… ce n’est pas juste un passage à vide. C’est un signal d’alarme.
- Je ne peux plus vendre ce en quoi je ne crois pas.
- Je ne peux plus cautionner un modèle économique qui détruit plus qu’il ne construit.
- Je ne peux plus travailler pour une entreprise qui ne voit en moi qu’un rouage remplaçable.
Je veux retrouver du sens. Arrêter de naviguer à contre-courant de mes valeurs.
Vers un nouveau chemin : être en phase avec mes convictions
Ce constat ne me condamne pas. Il m’éclaire sur ce que je ne veux plus.
✔️ Je veux quitter ce secteur, arrêter le marketing tel qu’il existe aujourd’hui.
✔️ Je veux me rapprocher de ce qui me fait vibrer : l’artisanat, le fait-main, la nature.
✔️ Je veux reprendre le contrôle de mon temps, de mon énergie, de ma vie.
Alors oui, pour l’instant, je suis encore là.
Oui, je ne peux pas claquer la porte du jour au lendemain.
Mais je sais où je veux aller.
Et pourtant… Je garde en moi l’essentiel
Malgré ce quotidien rythmé par le métro-boulot-dodo, malgré cette activité professionnelle qui ne me correspond plus, je ne perds pas de vue ce qui compte réellement.
📖 Je garde mon petit cahier de dessin, où mes idées prennent forme, où mes futurs projets en céramique se dessinent.
💡 J’imagine un mode de vie plus simple, plus innovant mais fondé sur des principes ancestraux.
🌿 Ma raison d’être ? Une vie paisible, la nature, ma famille, mon amoureux, la plongée… dans l’ordre qu’on voudra !
Si je m’écoutais, je vivrais dans une cahute en Corse, au milieu d’un champ, à produire ma propre terre, à la cuire au feu comme autrefois. Je mangerais ce que je cultive… bon, certes, je mangerais beaucoup d’œufs, mais comme je sais aussi pêcher, je survivrais sans souci !
Et puis, je sais faire tant de choses de mes mains. Je ne doute pas que ce retour à une vie plus simple me serait naturel.
Ce rêve, ce n’est pas juste une utopie. C’est une direction. Un chemin qui m’attend, que je prépare, doucement mais sûrement. Un jour, j’y serai.

